Pardon, mais ça serait sympa qu'on nous explique pourquoi les grues et les silos du port de Brest nous semblent si familiers à chaque fois qu'on les revoit ? Que lorsque notre coeur et nos jambes frôlent la congélation, c'est au bout de cette péninsule étrangement au cœur de tout que l'on retrouve cette folle envie de danser, qu'on avait laissé traîner dans un coin de la piste à notre précédent passage ? Laissons tomber la rationalité : Brest possède une connexion directe avec la fonderie originelle, celle d'où la première ligne de TB-303 a émergé à la fin du millénaire précédent, et qui continue d'alimenter le cœur des clubbers ouestriens, et le nôtre également. Cette connexion, on a maintenant l’occasion de l’expérimenter à son potentiel maximum deux fois par an. Astropolis, hédoniste l’été, fusionnel l’hiver.

Ce qui est bon esprit avec Brest, c’est que tu te pointes comme tu veux. Le vestiaire d’Astropolis est à l’image de sa ville : il ressemble aux humains que nous persistons à être, jusqu’à preuve du contraire. Les couples Manu Le Malin / Electric Rescue et Oniris / Madben, en fiers représentants de la belle famille Astropolis Records, n’ont jamais péché par esbrouffe, la matière sonore qui sortira des enceintes du Vauban en janvier sera 100% authentique. Même en dehors de la “généalogie Astro”, pas d’imposteurs dans la cuvée “hiver 2013” (même si on a cherché) : le beatmaking hors-cadre du jeune surdoué Fakear, Aufgang et sa façon de vous dire “oubliez vos préjugés sur la musique d’intellos”, le deejaying virtuose et archi-open de Brodinski, de la danse contemporaine illustrée par les inséparables capucheux anglais Elijah et Skilliam… de l’audace, du franc-jeu, et une seule manière d’envisager le clubbing. La plus ouverte et ambitieuse qui soit.

Vous pouvez oublier les moufles, donc, Brest a deux ou trois manières bien plus efficaces de vous réchauffer.

 

Mathias Riquier, Tsugi

 

Plus d’informations sur Mathieu Le Gall, photographe du visuel de cette édition : 

Mathieu Le Gall donne un regard atypique à Brest. Utilisant les ressources technologiques des optiques et du numérique, il donne une vision amplifiée, voir déformée, de notre ville. Une vision tout à fait personnelle qui résonne parfaitement avec les aspects singuliers de cette ville reconstruite. Cité du Ponant ou visions et hallucinations font partie du quotidien des nuits et des longs dimanches froids d'hiver. L'atmosphère et l'architecture de Brest sont le support de sa démarche, guidé par ses souvenirs les plus lointains entre rêves et réalité. Il propose, de la ville reconstruite, une vision moderniste et surréaliste.